Julie Pastore — Démarche artistique
Ma démarche artistique résulte de questionnements apparus lors de mon baccalauréat en anthropologie. Elle se définit par un intérêt marqué pour le travail de terrain, l’autoethnographie et l’ethnologie chez soi [1] . C’est en jouant avec une méthodologie tirée des sciences humaines que j’élabore mes œuvres. Elles sont le reflet d’un processus de recherche et de questionnements qui se développent à l’amorce du travail. Collectes, observations, hypothèses, enquêtes, carnets de terrain sont à l’origine de nombreux projets. Mes œuvres s’élaborent donc patiemment, au rythme de cueillettes méthodiques. J’ai l’habitude de travailler des objets chargés de mémoire. Assemblés, ils forment de nouveaux récits. Ainsi, je me dessine en artiste chercheuse.
Dès lors, je suppose que les rêves et l’imaginaire se nourrissent d’expériences sociales. Par le dessin, la sculpture et la vidéo, j’investigue la perméabilité des rêves. Je souhaite tisser des rencontres ; créer des univers oniriques où les rêves se côtoient, se partagent. En demandant à plusieurs personnes de me raconter leurs rêves, j’en explore les caractéristiques partagées, les motifs récurrents. Je mets en place les conditions nécessaires au partage onirique à travers des expériences contrôlées.
Est-il possible, par une série d’expériences, d’influencer un univers onirique commun ? Si l’imaginaire collectif était un espace, à quoi ressemblerait-il ? Mes œuvres, les conditions que je crée, peuvent-elles générer une communauté de rêveurs et rêveuses ? La récolte de songes et la réalisation d’objets fabulés contaminent ma propre imagination. En cheffe d’orchestre, je régis ma folie nocturne.
[1] L’ethnologie ou l’anthropologie chez soi qualifie une enquête réalisée dans la société, culture, localité d’origine du/ de la chercheur.euse. Elle se définit donc par une proximité ou une familiraité avec le terrain d’étude.
